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Les prix du Gala Arc-en-ciel

Grand Prix

Karine Espineira
2019

Karine Espineira est chercheuse, sociologue des médias à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Ses origines chiliennes et les conditions de son arrivée en France en mars 1974, quelques mois après le coup d’Etat militaire du général Pinochet, ne sont pas sans expliquer ses divers engagements depuis. Adolescente elle s’engage dans des ONG humanitaires. Elle définit alors sa militance comme une lutte incessante contre l’inacceptable. Dans le milieu des années 1990, elle est engagée dans diverses associations LGBT de l’époque (et LGBTIQ+ plus tard), participe aux séminaires Q de Sam Bourcier, milite au sein de l’ASB de Tom Reucher et participe à l’organisation de la première Existrans. Elle sera ensuite active dans diverses associations comme les Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités, le Centre Evolutif Lilith et Sans Contrefaçon, entre autres. En 2010,elle est co-fondatrice de l’Observatoire des transidentités. L’année suivante, elle devient l’une des cinq membres de la coordination de la campagne internationale StopTrans Pathologization (STP 2012).

Déjà détentrice d’un parcours en Lettres et en Science de l’information et de la communication dans les années 80 et 90, en 2008, elle engage une thèse de doctorat sur les questions trans et opte pour la visibilité au sein de l’université française avec l’objectif de concurrencer des savoirs maltraitants et de valoriser les savoirs situés. Ses travaux portent sur les constructions médiatiques des personnes trans, sur les politiques transféministes ainsi que sur les apports de l’intersectionnalité appliquée à la communication. Elle est notamment membre du comité scientifique de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT. Elle est par ailleurs l’auteure de plusieurs ouvrages publiés depuis 2008, dont La transidentité, de l’espace médiatique à l’espace public, classé dans les 15 ouvrages LGBT cultes par Les Inrocksen 2019.

En 2014, elle est lauréate du prix de thèse jeune chercheure francophone en SIC, décerné par la Société française des sciences de l’information et de la communication. La même année, elle est Médaillée de la recherche de l’Université de Nice Sophia. Elle a par ailleurs enseigné en Argentine et a effectué diverses missions culturelles au Japon et en Chine. Ses conférences la mènent à travers l’Europe et les Amériques de l’Argentine au Québec en passant par Cuba. Chercheuse engagée et activiste transféministe, elle travaille toujours à la promotion des savoirs situés trans et à la reconnaissance des études transgenres francophones comme champ interdisciplinaire, à l’image du projet des women studies, et suivant les héritages de la pensée féministe.

« Je ne suis pas née, mais devenue… Si bien, que je ne pouvais pas, ne pas devenir féministe ».

Michel Dorais
2012

Sociologue, auteur reconnu et professeur titulaire à l’École de service social de l’Université Laval, monsieur Dorais est un pionnier de l’aide psychosociale aux jeunes gais et lesbiennes, aux garçons victimes d’agressions sexuelles et aux jeunes personnes prostituées. Il a par la suite travaillé à la prévention du sida et à l’inclusion sociale des personnes de la diversité sexuelle. Plusieurs études et travaux de ce chercheur sensible et engagé font aujourd’hui référence; tous ont porté sur les impacts relationnels et sociaux de la sexualité humaine, en particulier chez les personnes marginalisées ou stigmatisées. Actif dès les années soixante-dix dans la promotion des droits et libertés en milieu universitaire et dans les services sociaux, il fut aussi l’expert qui défendit, avec succès, la première cause de discrimination envers une personne transsexuelle. Il a également travaillé à la conception des programmes de formation « Pour une nouvelle vision de l’homosexualité » et « Adapter nos interventions à la diversité des orientations sexuelles», qui ont permis de former, à ce jour, plus de 20 000 intervenants de la santé et des services sociaux.

Grâce à ses interventions dans l’espace public, à la traduction de ses nombreux articles et ouvrages, ainsi qu’à de fréquents séjours en Europe, la contribution de monsieur Dorais est reconnue par-delà nos frontières. Par sa volonté de faire mieux connaître les réalités et les problèmes des jeunes issus de la diversité sexuelle, monsieur Dorais aura permis d’accroître leur inclusion sociale. En développant et diffusant des idées et des connaissances novatrices, en formant des étudiants et des intervenants de façon à ce qu’ils luttent contre les préjugés, il aura aidé depuis presque 40 ans à faire évoluer les mentalités et la société. Le parcours exceptionnel de monsieur Dorais au développement du mieux-être des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenres d’ici et d’ailleurs mérite amplement que nous lui décernions le Grand prix du CQGL. Mais ce qui est encore plus exceptionnelle, c’est que ce prix soit remis à un homme de coeur, tout à fait hors du commun qui, malgré sa notoriété, a toujours su demeurer accessible et dédié aux autres.

Pierre Berthelot
2017

Pierre Berthelot a consacré sa vie à combattre l’exclusion sociale. Dès 1986, alors que le sida tue dans la communauté gay, il co-fonde MIELS-Québec, un organisme communautaire d’entraide et de prévention. Homme de terrain, il accompagne des personnes en fin de vie; il crée des groupes de discussion; il forme de nombreux bénévoles accompagnateurs. Son expertise est retenue comme consultant au premier plan d’action québécois de lutte à ce nouveau fléau de santé publique et comme formateur de milliers de professionnels de la santé dans de nombreux colloques ou ateliers au Québec et outre-mer. Il enseigne à des centaines de travailleurs de la santé en Océanie et en Afrique. Il soutient la création de la toute première association de personnes séropositives au Rwanda.

Dès le milieu des années 90, ses interventions se concentrent à la poursuite de l’égalité sociale des personnes LGBT. Il crée en CLSC des groupes de développement personnel pour jeunes 14-25 ans et soutient le développement de l’organisme GRIS-Québec pour la démystification en milieux jeunesse. Il conçoit une session clinique sur la santé LGBT à la faculté de médecine de l’université Laval, sensibilisant ainsi des centaines de futurs médecins pendant 18 ans. Il est aussi un formateur des programmes de l’Institut national de santé publique du Québec sur les réalités homosexuelles pendant autant d’années.

Pierre Berthelot a aussi une formation d’acteur qu’il met à profit dans ses activités pédagogiques. Il coécrit une pièce de théâtre, ainsi qu’un numéro de stand-up comique pour la prévention du VIH qu’il présente au Québec et en Europe. Soucieux des liens entre la théorie et la pratique, il publie aussi des articles dans des revues scientifiques.

Son engagement inébranlable dans l’intervention clinique et la pédagogie a contribué à l’inclusion de personnes marginalisées par notre société et au recul des mythes et préjugés. Ses réalisations lui ont valu déjà plusieurs prix; il nous fait grand plaisir d’ajouter à cette liste celui de Grand Prix du Conseil québécois LGBT.

Edwin Cameron
2011

Après des études universitaires où il se spécialise dans la défense des droits humains, il devient, en 1989, professeur de droit où il participera à l’élaboration de la Charte des droits pour les personnes atteintes du VIH-SIDA. Il est cofondateur du Consortium SIDA, en plus de fonder et diriger le Projet de loi SIDA.

Le Président Nelson Mandela le nomme juge à la Cour Suprême pour présider une commission sur le commerce illégal des armes. Juge permanent à la Cour Suprême puis juge à la Cour constitutionnelle avant d’être nommé à la Cour Suprême d’appel, il préside aussi le conseil de l’université de Witwatersrand. Le 31 décembre 2008, le président Kgalema Motlanthe nomme Edwin Cameron à la Cour constitutionnelle, puis le 30 juin 2009, il est nommé Honourary Master of the Bench à la Honourable Society of the Middle Temple.

De plus, il est impliqué à la Guild Cottage Children’s Home, à l’association des conseillers VIH-SIDA de Soweto (SOHACA) et au Community AIDS Response (CARE). Il a aussi écrit plusieurs livres dont Defiant Desire – Gay and Lesbian Lives in South Africa avec Mark Gevisser, et Honoré’s South African Law of Trusts. Plusieurs prix et distinctions jalonne la carrière de cet homme hors du commun, dont le Prix Nelson Mandela pour la santé et les droits humains (2000) et le Prix d’excellence de la Fondation SIDA – San Francisco (2003).

Jóhanna Sigurðardóttir, ancienne Première ministre d’Islande
2016

Née à Reykjavik en 1942, Jóhanna Sigurðardóttir est devenue impliquée dans le monde syndical dès son premier emploi comme agente de bord. Son élection sur le CA du Icelandic Cabin Crew Association la mène ensuite à la présidence du Commercial Workers’ Union jusqu’au milieu des années 80. Elle est élue députée en 1978 pour le Social Democratic Party et y sera élue pour neuf mandats successifs. Elle est nommée Ministre des Affaires sociales et de la Sécurité sociale de 1987 à 1994.

En 1995, elle forme un nouveau parti politique, qui fusionnera en 1999 avec trois autres partis politiques pour former l’Alliance Sociale Démocrate. Elle sera à nouveau nommée Ministre (ASSS) en 2007, et elle deviendra en 2009 la première femme Première ministre en Islande, et la première cheffe d’État ouvertement homosexuelle du monde. À un moment où son pays est en crise – l’effondrement des trois banques commerciales menacant de plonger l’Islande en faillite – Jóhanna Sigurðardóttir a su sortir son État de la récession. Elle est demeurée en poste jusqu’à sa retraite en 2013.

Elle s’unira civilement à sa conjointe, l’écrivaine Jónína Leósdóttir, en 2002, après presque 15 ans de relation secrète. Toutes deux croyaient que l’aveu de l’union nuirait à la carrière de Jóhanna; elles s’étonneront donc de l’absence presque totale de réaction de la part des médias et du public quand elles sortent du placard! En 2010, alors qu’elle est à la tête du gouvernement, le mariage pour couples de même sexe est légalisé: elles seront les premières à en profiter. Aujourd’hui, elle prépare sa biographie et un documentaire sur sa vie politique. Elles ont trois fils, de mariages précédents, et 7 petits-enfants.

Vivian Namaste
2010

Viviane Namaste est une chercheure et professeure à l’Université Concordia, également titulaire de la chaire de recherche sur le VIH/sida et la santé sexuelle à l’Institut Simone de Beauvoir et elle se démarque depuis une quinzaine d’années, tant sur la scène provinciale, nationale qu’internationale, pour ses nombreux travaux de recherche touchant des communautés et des personnes trop souvent négligées par la recherche en lien avec la prévention du VIH/sida, soit les personnes transsexuelles, transgenres et bisexuelles. Polyglotte, elle est également internationalement reconnue pour son activisme envers la défense des droits de santé des personnes trans.

Mme Namaste a été, en 2010, l’invitée spéciale de l’ONUSIDA lors de la 5e Conférence internationale francophone sur le VIH/Sida, à Casablanca, et a été conférencière invitée lors de l’initiative Franco-cubaine visant à organiser le premier Colloque international sur les transidentités, genre et culture, lequel a eu lieu à la Havane. Auteure de trois livres importants touchant la transsexualité, elle recevait, en 2001, l’Outstanding Book Award, du Gustavus Myers Center for the Study of Bigotry and Human Rights pour son livre intitulé Invisible Lives: The Erasure of Transsexual and Transgendered People, publié aux presses de l’Université de Chicago.

Femme de terrain, madame Namaste est également la fondatrice d’Action Santé Travestis et Transsexuel(le)s du Québec (ASTT(e)Q), un projet né dans les années 1990, dédié à la prévention et à la santé des personnes trans à Montréal et est au sein du projet Polyvalence, axé sur la recherche, la prévention et la santé sexuelle des personnes bisexuelles. Elle a également siégé au comité consultatif de la recherche Ouvrir notre avenir : une étude nationale sur les détenues, le VIH et l’hépatite C et au comité directeur du projet de prévention du VIH du Centre d’amitié autochtone de Montréal. Elle a été membre actif du groupe militant français ACT-UP Paris.

Robert Pilon
2014

La recherche des qualités des leaders d’exception fait couler beaucoup d’encre. Qu’est-ce donc qui distingue ces femmes et ces hommes? Dans notre communauté, un nom incarne ce niveau d’excellence: Robert Pilon.

Pourquoi Robert? Certes, nous pourrions énumérer les prix qu’il a engrangés, à titre personnel ou au nom du GRIS-Montréal, durant ses neuf années à la présidence de cet organisme. Nous pourrions aussi parler de médaille de l’Assemblée nationale, de prix Hommage bénévolat Québec et de prix d’Excellence de la santé et des services sociaux, mais nous passerions alors à côté de l’essentiel.

Bien plus qu’une liste de récompenses, Robert a transmis au GRIS-Montréal et à la communauté une véritable culture: une culture de l’excellence, du dépassement, de la participation, de l’expression de soi et de l’utilisation des forces en présence pour l’atteinte d’une mission ambitieuse.

Avec Robert Pilon, rien n’est impossible! Le caractère visionnaire et audacieux de son leadership a permis à l’organisme de déployer ses ailes comme jamais auparavant. Si Robert reçoit le Grand Prix du CQ-LGBT aujourd’hui, c’est parce que cette passion jusqu’au-boutiste pour la cause a rejailli sur notre communauté en entier. La notoriété du GRIS a mis à l’avant-scène les difficultés vécues par nos jeunes en milieu scolaire. Grâce au développement et au professionnalisme du GRIS, plus de 300 000 jeunes Québécoises et Québécois, adultes de demain, ont été sensibilisés aux ravages de l’homophobie.

C’est ainsi que nous pouvons envisager avec optimisme l’avenir des générations futures pour qui l’orientation sexuelle ne sera plus qu’une simple facette de la personnalité, parmis tant d’autres.

Sans Robert Pilon, sans sa vision et son charisme, le chemin vers ces accomplissements auraient sans doute été plus chaotique.

Svend Robinson
2009

Américain d’origine, Svend Robinson est un avocat de formation, un homme politique et un militant homosexuel canadien renommé. À l’âge de 27 ans, il a été élu pour une première fois, et ce, pour sept élections successives (de 1979 à 2004), député néo-démocrate pour la circonscription fédérale de Burnaby en Colombie Britannique. Au cours de sa vie politique active, Svend Robinson est intervenu avec cœur dans des dossiers internationaux sur les droits humains. Il a siégé notamment au Comité canadien de commémoration du 50e anniversaire de l’ONU, en 1995, et était présent dans la délégation canadienne à plusieurs assemblées générales de cette organisation.

En 1988, Svend Robinson est devenu le premier député au Canada à sortir courageusement du placard et à afficher publiquement son homosexualité. Dès lors, il est devenu une figure emblématique dans les mouvements des droits LGBT et, à ce titre, a proposé de nombreux projets de loi et d’autres initiatives sur les droits LGBT, dont le premier projet de loi sur le mariage entre conjoints de même sexe, ainsi qu’un amendement à la loi sur les crimes haineux pour y inclure ceux qui sont basés sur l’orientation sexuelle. Ce projet sur les crimes haineux a été adopté par le Parlement et est en vigueur.

Ayant cessé ses activités politiques, on le trouve maintenant sur plusieurs tribunes nationales ou internationales. Il travaille à Genève à la coordination des relations parlementaires pour le Fonds  mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Tout récemment, il occupait la  coprésidence de la Conférence sur les droits LGBT des Outgames 2009 qui avaient lieu au  Danemark.

Mariela Castro Espín
2013

Fille d’une militante féministe reconnue, Mariela Castro Espín a suivi les traces de sa mère en œuvrant principalement auprès des communautés transgenres et des minorités sexuelles dans son pays natal. En plus de diriger le Centre national pour l’éducation sexuelle (CENESEX.org), elle est présidente du Centre multidisciplinaire cubain pour les études en sexualité et présidente de la Commission nationale de traitements pour les troubles reliés à l’identité de genre.

En 2005, Mariela Castro Espín a déposé un projet de loi dans son pays afin de permettre aux personnes transgenres de recevoir les soins et chirurgies nécessaires ainsi que le changement légal de genre. Son projet est devenu loi en 2008, permettant dorénavant aux personnes transgenres d’avoir accès à tous les traitements sans frais.

« Je suis honorée de recevoir ce prix que je dédie à ma mère qui, depuis les premières années de la Révolution, a défendu les droits des groupes sociaux historiquement marginalisés à Cuba sous la domination coloniale et néocoloniale. Je reçois aussi ce prix comme une reconnaissance du travail de ceux qui m’entourent et qui ont grandement contribué à nos avancements, notamment à mes collègues du CENESEX et à ceux du mouvement cubain LGBTHI. L’engagement et la passion dont ils font preuve dans la lutte pour l’émancipation humaine est unique. Je suis heureuse de partager les réussites de ces luttes historiques avec la communauté LGBT québécoise ».

L’Honorable Louise Arbour
2008

Haut commissaire aux droits de l’homme à l’Organisation des Nations Unies (ONU), de 2004 à 2008, Louise Arbour a démontré, tout au long de sa carrière un engagement à défendre et à promouvoir les droits humains, en particulier ceux des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles et transgenres d’ici et d’ailleurs.

Montréalaise et avocate de formation, elle a suivi un parcours enviable et inspirant dans le monde « masculin » de la justice. Professeure de droit de 1974 à 1987, elle devient doyenne adjointe à l’École de droit de l’Université York, à Toronto. Juge à la Cour suprême de l’Ontario (1987) puis à la Cour d’appel (1990), elle devint procureure en chef au Tribunal pénal international de La Haye en 1996. Ce Tribunal a été mis sur pied par l’Organisation des Nations Unies pour juger les crimes commis au Rwanda et en ex-Yougoslavie. En 1999, elle devient juge à la Cour suprême du Canada. En 2004, elle quitte la Cour suprême pour devenir Haut Commissaire aux droits de l’homme au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). En 2006, Elle est l’invitée d’honneur à la 1 ère Conférence internationale des droits humains LGBT où elle fait un vibrant plaidoyer en faveur du respect des droits humains des personnes LGBT qui mènera à l’adoption de la Déclaration de Montréal sur les droits humains LGBT.

Le parcours exceptionnel de cette femme de coeur, de principe et de tempérament témoigne d’une vie dédiée à servir la justice au profit des collectivités et de chaque être humain.  Impossible est un mot qui n’existe pas pour Madame Arbour quand il est question de dignité humaine quitte à déranger l’ordre établi.  Son passage au Tribunal pénal international de La Haye confirme bien ce fait.

Prix Bénévole

Valérie Mallamo
2019

Membre du Conseil d’administration depuis 2013 et co-présidente depuis 2016 de la Coalition des familles LGBT, Valérie Mallamo est la formatrice la plus expérimentée de l’organisation. En effet, sur les 6000 formations professionnelles menées par la Coalition cette année, Valérie en a accompli plus de 1500 à elle seule. Et sur une dizaine d’années, Valérie ena accompli plus de 8000 sur les 35 000 totales, auprès de professionnel.le.s comme des enseignant.e.s, policier.ère.s, psycho-logues, intervenant.e.s communautaires, infirmier.ère.s, etc. Valérie fournit dans ses formations les ressources et les pistes d’action pour que les gens puissent améliorer leurs pratiques professionnelles. Ellea, par ses conférences, grandement contribué à l’amélioration de l’inclusion de la communauté LGBT+ depuis 25 ans.

Robert Asselin
2012

Robert Asselin est un bénévole émérite du GRIS-Montréal depuis 2001. Il a coordonné en 2006 et en 2011, les encans des oeuvres de Michel Tremblay au profit du GRIS-Montréal. Il a été secrétaire du conseil d’administration du GRIS durant 2 ans, en plus d’être répondant pour l’organisme Gai Écoute depuis 1994 où il est le vice-président depuis 2010. Impliqué aussi à Jeunesse Lambda, il a, lors de son passage, mis sur pied l’ancêtre du GRIS, soit le Comité d’intervention sociale. L’impact social et communautaire de Robert est indéniable. Avec sa force, sa détermination, sa grande écoute, il est un bâtisseur incontestable de nos communautés. Il est une source d’inspiration pour toutes celles et tous ceux qui le côtoient.

Maryse Ouellet
2017

Impliquée depuis plus de 15 ans au sein de Val-d’Or LGBT, Maryse Ouellet en est maintenant la leader. Elle a développé plusieurs projets qui ont eu une portée régionale, rejoignant les personnes de 5 MRC (notamment un projet vidéo et une exposition photos sensibilisant à la diversité sexuelle et de genre). Elle a organisé maintes activités de socialisation, sportives, récréatives qui ont permis de dynamiser les communautés LGBT de l’Abitibi-Témiscamingue. Son rôle pilier l’a amenée à être nommée membre ambassadrice de la Coalition d’aide à la diversité sexuelle de l’A.-T., organisme dont Val-d’Or LGBT est membre. Ainsi, elle contribue activement au rayonnement de ces deux organismes, développant des liens solides avec les instances municipales et gouvernementales pour assurer la santé et le bien-être des personnes de tous horizons de la diversité sexuelle et de genre de l’Abitibi-Témiscamingue.

André Lefebvre
2011

Impliqué depuis 30 ans à Gai-Écoute, l’engagement, le dévouement, les qualités de formateur, d’écoutant et de conseiller d’André Lefebvre sont exceptionnels. Il est un « phare » qui guide l’ensemble du personnel et des bénévoles de l’organisme. Lui-même écoutant, il a entre autre formé l’ensemble des écoutant(e)s depuis 1980, développé le programme de formation de Gai-Écoute aux réalités homosexuelles, ainsi que le registre des appels servant à la production des statistiques de l’organisme. Récemment, il a mit son expertise au service de l’organisme afin de mettre sur pied le système de clavardage et la section foire aux questions sur le site internet de Gai-Écoute. Tous s’accordent pour dire d’André qu’il est une inspiration et un modèle pour les communautés LGBT.

Séré Beauchesne Lévesque
2016

Séré Beauchesne Lévesque a été bénévole au comité étudiant LGBTQIA+ du Cégep de Sherbrooke (le CIOSAL) de 2014 à 2016. Iel a su y exercer son rôle brillamment, et a mis de l’avant les préoccupations des personnes trans, non-binaires et queer. Des avancées telles les modifications au système informatique interne afin d’inclure le prénom usuel des personnes trans, la mise en place de plus de 35 toilettes non genrées à travers le campus, l’inclusion d’une 3e option de genre dans les documents et une entente visant à stabiliser le statut de l’espace safe-space, Le Havre, font partie des faits d’armes de Séré. Son apport permet non seulement à toute la communauté collégiale sherbrookoise de profiter de pratiques d’inclusion novatrices, mais également à différents organismes en Estrie de modifier leurs pratiques afin de reconnaître et de soutenir les personnes trans.

Julie-Maude Beauchesne
2010

Journaliste engagée et polyvalente, Julie-Maude Beauchesne s’est impliquée depuis près de sept ans au sein de nombreux organismes. D’abord auprès de Jeunesse Lambda, elle a ensuite été la présidente fondatrice de la Coalition des transsexuelles et transsexuels du Québec (CTTQ) et a représenté la communauté trans au sein du Groupe de travail mixte contre l’homophobie. Mais c’est au sein d’AlterHéros qu’elle a investi depuis 2004 la majorité de ses énergies bénévoles, occupant de nombreux postes, jusqu’à la présidence où elle a initié et dirigé une réforme complète de l’organisme.

Mélyssa Legault
2015

La présence de Mélyssa Legault dans la communauté maskoutaine n’est pas passée inaperçue : depuis plusieurs années déjà, son implication au JAG (Jeunes adultes gai-e-s), à la Fierté agricole et à l’ATQ (Aide aux trans du Québec) l’a fait connaître, mais plus encore, ce sont ses initiatives qui ont fait toute la différence. Effectivement, c’est grâce à elle que le Cégep de Saint-Hyacinthe s’est doté d’un comité étudiant de la Diversité ainsi que d’une journée communautaire de la diversité. Elle a également donné une conférence sur la transidentité et organisé une activité de démystification des orientations sexuelles. Ses actions sont une source d’inspiration pour ceux et celles qui sont en questionnement ou en processus de changement identitaire.

Solange Musanganya
2009

Originaire du Rwanda, Solange Musanganya vit à Montréal depuis dix ans. En 2002, elle crée le premier site web francophone voué aux problématiques LGBT en Afrique : www.gayafrique.com. Grâce à cette initiative, elle contribue à l’implantation de groupes LGBT dans plusieurs pays africains. En 2004, nouvelle étape dans son implication : elle fonde Arc-en-Ciel d’Afrique, un organisme regroupant les personnes LGBT d’origine africaine et caribéenne du Québec. Solange agit à titre de coprésidente de la Coalition Multimundo, où elle contribue à favoriser une concertation entre les groupes ethnoculturels LGBT au Canada. Fortement impliquée au Gris-Montréal, Solange est aussi membre du conseil d’administration de Séro-Zéro en plus d’être une membre active du Comité consultatif de la Commission Internationale des droits des homosexuels et des lesbiennes.

Gary Sutherland
2014

Gary est profondément impliqué au sein de la Coalition des familles LGBT. À titre de coprésident, il a su mettre un visage sur un phénomène qui était quasi-invisible il y a quelques années à peine, soit les réalités des pères gais. Son sens de l’humour, sa diplomatie, sa compassion et sa grande implication font de cet homme d’exception un porte-parole des plus respectés et crédibles de nos communautés. Gary a permis d’accroître la visibilité de l’homoparentalité, d’établir des contacts avec différentes agences gouvernementales et ministères, en plus de contribuer à l’évolution des mentalités de la société québécoise. Formateur hors pair, il aura grandement contribué à l’acceptation de l’homoparentalité et des familles LGBT.

Christian Tanguay
2008

Bachelier de HEC Montréal, diplômé de l’Institut des banquiers canadiens et de l’Université McGill, Christian Tanguay met son savoir-faire, sa capacité d’écoute et sa générosité au service de la communauté allosexuelle. Il occupe le poste de directeur financier bénévole à Jeunesse Lambda depuis septembre 2004. De plus, il a occupé la fonction de trésorier au REJAQ et au CQGL. Ses connaissances, son empathie et sa rigueur sont autant de qualités reconnues par ses pairs.

Prix Projet

Fierté Val d'Or
2019

Fierté Val d’Or est une jeune organisation, officiellement formée depuis juin 2019, qui vise à briser l’isolement et à sensibiliser la population en lien avec la diversité sexuelle et de genre en organisant diverses activités. Le Festival Fierté Val d’Or s’est tenu l’année dernière entre le 17 et 19 mai 2019, et a été organisé sur une durée de seulement 3 mois. Malgré l’absence complète de financement au départ,l’équipe a trouvé un soutien financier et politique de la Ville de Val d’Or permettant notamment la mise en avant des Premières Nations afin de favoriser une réconciliation, surtout après la crise interculturelle qui a frappé et frappe encore la région. Les nombreux retours positifs reçus encouragent l’équipe à renouveler l’événement avec de nombreux projets en tête pour favoriser l’inclusion de la communauté LGBT+ dans cette grande région québécoise.

La Cassette migrante (Helem Montréal)
2017

La cassette migrante est un documentaire avec pour premier objectif de faire connaître la situation des demandeurs d’asile LGBT avant leur arrivée au Québec. En effet, l’organisme LGBT arabophone HELEM Montréal reçoit chaque année des dizaines de demandes provenant de personnes LGBT arabes leur demandant de les aider à fuir leur pays. Elles livrent leur histoire, souvent par courriel, racontant des détails de leur vie et ce, sans même connaître la personne qui les lira. Lors de leur arrivée au Québec – si elle se concrétise – elles cachent souvent, par honte, leur histoire qui demeure alors inconnue. Le documentaire expose également l’amplitude de l’homophobie et de la transphobie vécue au quotidien dans les pays arabes tout en soulignant le rôle que joue HELEM Montréal ici.

L’Astérisk
2016

Dans le contexte économique actuel, les groupes communautaires doivent faire preuve de créativité pour mener à bien leur mission, et les organismes qui se sont rassemblés sous le toit de l’Astérisk l’ont bien compris. Seul lieu dans le Village qui soit spécifiquement dédié aux jeunes, l’Astérisk regroupe Projet 10, Jeunesse Lambda et la Coalition montréalaise des groupes jeunesse LGBT sous son toit en consolidant leurs services et en offrant un milieu de vie accueillant, bilingue, et non-commercial. L’espace est également accessible sur demande aux groupes et aux organismes jeunesse LGBTQ+. L’Astérisk innove tant sur son modèle coopératif que sur le rôle qu’il joue comme maison de jeunes inclusive qui offre des activités, de l’appui et, plus encore, un espace sécuritaire.

Création du comité des femmes d’Équipe Montréal
2015

Créé en janvier 2015, le comité des femmes d’Équipe Montréal répond à un besoin criant de la communauté sportive LGBT. Grâce à un partenariat avec Lez Spread The Word (LSTW), le comité a pu s’informer directement à la communauté pour apprendre à connaître les besoins spécifiques des femmes LGBT. Les 3 activités qui ont été tenues ensuite ont eu un tel succès que la ligue de soccer féminine a vu son membership monter en flèche, et une nouvelle équipe de rugby a vu le jour. Il y a maintenant 5 groupes qui offrent des activités pour les femmes, par les femmes. L’impact du comité des femmes est historique : l’apport et la visibilité de leurs actions a fait monter en flèche la participation des femmes, une percée qui n’a pas fini de faire des vagues.

Capsule Web sur la lesbophobie, CSL
2014

Les trois capsules web sur la lesbophobie présentent trois contextes différents: Lesbiennes, on n’est pas invisibleLesbiennes, est-ce dangereux? et finalement Embûche de Noël chez les lesbiennes. Le CSL a opté pour le format capsule web comme moyen novateur de partager son travail et ses réflexions sur la vie des lesbiennes et sur la lesbophobie. En même temps, il est important que les lesbiennes puissent reprendre du pouvoir sur leur vie et ces capsules sont un outil « d’empowerment », puisqu’elles ont participé à toutes les étapes de la création.

Prix Partenaire

Radio Centre-Ville
2019

Radio Centre-Ville est la seule radio communautaire pluriculturelle et multilingue de Montréal. Elle est sur les ondes depuis 1975 et propose desémissions dans 6 langues, mettant en avant les différentes facettes de la culture québécoise et valorisant l’apport des personnes issues de l’immigration. Durant les 25 dernières années, la sphère médiatique n’a pas laissé beaucoup de place à la communauté LGBT+.C’est pourquoi Radio Centre-Ville impose maintenant une place dans son CA pour une personne de nos communautés et changer cette culture d’exclusion. Cela permet de sensibiliser les minorités ethnoculturelles aux enjeux des personnes LGBT+ et vice-versa, pour créer un lien entre ces deux milieux. On peut entendre ces enjeux dans l’émission de radio « Fraichement Jeudi », nouvellement arrivée en 2019.

Regroupement des travailleurs et des travailleuses de rue de l’Abitibi-Témiscamingue
2017

Le Regroupement des travailleurs et travailleuses de rue de L’A-T. est né de la nécessité de rejoindre les jeunes marginalisés de la région. Leur travail permet une meilleure connaissance des réalités vécues par les personnes LGBT. En effet, le Regroupement établit plusieurs partenariats multisectoriels, où des projets sont développés selon les besoins des populations dans les MRC qu’ils desservent. Il travaille donc avec des intervenants des milieux scolaires, de la santé et des services sociaux et du milieu communautaire, dont la Coalition d’aide à la diversité sexuelle de l’A.-T. Ils ont accompagné la création et la mise en place de groupes LGBT dans plusieurs villes et MRC, facilitant l’accès à certains milieux puisqu’ils avaient déjà des liens solides avec ceux-ci. Le Regroupement assure donc une visibilité des groupes LGBT tout en mobilisant différents milieux.

Abitibiwinnik – Communauté algonquine de Pikogan
2016

Ce n’est pas tous les jours que nous voyons une communauté entière s’unir pour une même cause. C’est ce qui s’est produit en Abitibi-Témiscamingue avec le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, la communauté algonquine de Pikogan, près d’Amos. Dans le cadre de la Journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie, plus de 1000 personnes – dont près de 400 de moins de 18 ans – les membres de la communauté ont réalisés différentes activités visant à sensibiliser la population aux enjeux vécus par les personnes LGBT: fenêtres du Centre de santé peintes aux couleurs de l’arc-en-ciel; drapeau arc-en-ciel hissé; distribution d’affiches, de bracelets et de foulards; exposition d’œuvres réalisés par les jeunes; marche dans les rues (tout.e.s les employé.e.s de la communauté furent libérés sans perte salariale afin qu’il.e.s puissent y prendre part) : c’est un début de collaboration avec les organismes de la région qui ne passe pas inaperçue!

Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT)
2015

Montrant un souci remarquable face à l’accessibilité aux soins de santé des LGBT de sa région, ainsi qu’un engagement à créer un environnement libre de préjugés, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) de Rouyn-Noranda est un modèle d’ouverture et de soutien. En l’absence d’organisme LGBT, le CISSSAT-RN a pris le taureau par les cornes, offrant lui-même des ateliers portant sur la diversité sexuelle dans divers milieux, rejoignant plus de 250 personnes cette année. Les initiatives du CISSSATRN sont admirables et témoignent de l’impressionnante dévotion de son personnel au bien-être de la population.

Réseau des AlliéEs des personnes LGBT de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine
2014

Initié par Danielle Haché, ce regroupement compte actuellement plus de 170 intervenant(e)s et profefessionnel(le)s de la région, de formation très diverses, qui travaillent auprès des jeunes et/ou des adultes et ce, dans une grande diversité de milieux. Ce sont des hommes et des femmes qui ont fait la demande d’adhérer à ce réseau parce qu’ils-elles désirent s’afficher de façon explicite comme étant des personnes-ressources ouvertes à la diversité sexuelle. L’objectif de ce Réseau est de faciliter la demande d’aide provenant de personnes LGBT ou des victimes d’homophobie ou de transphobie en faisant en sorte que ces personnes puissent repérer facilement et consulter des intervenant(e)s compétent(e)s, ouvertement sensibles aux difficultés, aux besoins et aux réalités LGBT.

Bourse Heffernan-Greenbaum

Joe Ducharme
2019

Doctorante en sexologie à l’UQAM, Joe Ducharme possède une expérience professionnelle diversifiée en recherche et en intervention. En 2015, elle a réalisé un premier contrat de recherche pour monsieur Philippe-Benoit Côté (professeur au département de sexologie, UQÀM) sur les jeunes en situation d’itinérance ; c’est de là qu’est né son intérêt pour la recherche-intervention qui crée des changements tangibles pour la société. Par la suite, elle a occupé la fonction d’auxiliaire de recherche pour d’autres équipes de recherche qui s’intéressent aux personnes de la diversité sexuelle et de genre. À travers ces contrats, elle a acquis différentes compétences, notamment la réalisation de lignes de vie chez les jeunes LGBT en situation d’itinérance, la retranscription verbatim pour la Chaire de recherche sur l’homophobie et la participation à un colloque pour le projet Inter-Reconnaissance. Dès sa première année de maîtrise, Joe Ducharme a travaillé au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour le dossier Éducation à la sexualité, désormais délivré dans les écoles du Québec.

Anne-Sophie Ruest-Paquette
2013

Les répercussions identitaires chez des femmes ayant éprouvé du harcèlement en vertu du genre ou de l’orientation sexuelle par les pairs en contexte scolaire franco-ontarien: Le harcèlement en vertu du genre ou de l’orientation sexuelle par les pairs, qui comprend toutes formes de violence verbale, physique, relationnelle et sexuelle favorable à la régulation ou au renforcement des normes de genre et de l’hétérosexisme, est un problème prédominant, persistant et mal compris dans les écoles nord-américaines. Puisqu’il s’inscrit dans une dynamique de stigmatisation, d’oppression et d’injustice sociale, ce harcèlement est généralement nuisible au bien-être et au fonctionnement des élèves qui le subisse. Les enjeux de pouvoir en cause sont nombreux, notamment chez les filles, dont le corps et la sexualité font l’objet de violences multiples, mais aussi en Ontario français, où le taux de décrochage scolaire est élevé. Anne-Sophie entend donc mener une étude narrative afin de déceler quelles sont, au regard de femmes ayant éprouvé ce type de harcèlement pendant au moins un an en milieu scolaire franco-ontarien, les répercussions identitaires relevant de leurs expériences.

Tara Chanady
2017

Doctorante en communication à l’Université de Montréal, Tara Chanady s’intéresse aux processus d’identification des femmes qui aiment les femmes. Son projet doctoral vise à documenter les points de repères physiques et virtuels de ces femmes dans l’espace montréalais, tout en explorant comment ces différentes identifications se vivent. Tara privilégie une approche queer, allouant une lecture des relations entre sexualité et espace bien différente parce que façonnées par des désirs non conventionnels, ce qui influence les actions des corps et des espaces. En effet, par la multiplicité des façons de s’identifier, les points de repères des femmes qui aiment les femmes à Montréal se sont multipliés et traduits par plusieurs supports (réseaux sociaux, passage de sites privés en sites publics, etc.). De cette façon, la recherche de Tara Chanady se penche sur les questions de lieux qui favorisent ou non certaines identifications et comment celles-ci en sont-elles influencées ou encore les façonnent.

Jade Almeida
2016

Doctorante en sociologie à l’Université de Montréal, Jade Almeida réalise une thèse sur la place des femmes afro-descendantes au sein de la communauté lesbienne. Sont-elles représentées dans le discours médiatique? Dans quels contextes et sous quelles conditions? S’il existe peu d’études sur l’homosexualité féminine, le nombre diminue encore drastiquement lorsque l’on se penche sur l’homosexualité des femmes non-caucasiennes. C’est dans ce contexte de double marginalisation qu’elle souhaite analyser les représentations de la diversité ethnique, les discours des lesbiennes afrodescendantes, les logiques identitaires mises en place et la recherche d’espaces discursifs alternatifs pour ces populations marginalisées au sein d’une minorité. En attirant l’attention sur le manque de représentation et surtout de visibilité des femmes de couleur au sein de la communauté homosexuelle, elle espère créer un espace de débat et de discussion qui pourrait, à long terme, interpeller les pouvoirs publics sur le besoin de s’intéresser et de se former à ce type de situation.

Marie-Dominique Duval
2015

Candidate à la maîtrise en communication de l’Université de Sherbrooke, Marie-Dominique Duval mène un projet de recherche portant sur les couples féminins évoluant dans les lieux publics en Estrie. Son étude se penche sur les façons dont les femmes occupent l’espace public lorsqu’elles sont en couple avec une femme, plus particulièrement du fait qu’elles habitent dans des petites villes ou des villages. En ayant pour objectif de découvrir et comprendre le vécu social des couples féminins, la recherche comblera également un manque flagrant au niveau de ce que nous savons, en tant que société, sur les réalités de ces couples à l’extérieur des grands centres, et comment ces réalités sont perçues.

Florence Marchand
2014

Le projet de recherche de Florence Marchand vise à mieux comprendre les défis d’inclusion des femmes issues des minorités ethnosexuelles au sein des centres de femmes montréalais offrant des services aux lesbiennes. Constatant la demande grandissante de suivis individuels des femmes racisées et la complexité de leurs réalités, cette recherche permettra de mieux comprendre ce qui peut potentiellement compromettre l’accessibilité des services des organismes aux femmes ethnosexuelles et à identifier des pistes d’interventions favorisant la reconnaissance de leurs besoins et réalités au sein des espaces de solidarités féministes.

Bourse Dorais-Ryan

Florence Ashley
2017

Étudiante en droit à l’Université McGill, Florence Paré se penche sur les questions juridiques et éthiques qui se posent aux médecins de famille par rapport à la prescription d’hormones pour les personnes trans. En effet, une proportion importante de médecins de famille au Québec refusent de prescrire des hormones aux personnes qui en font la demande, prétextant le plus souvent un manque de connaissances des effets secondaires. Qui plus est, ils peuvent parfois exiger une évaluation psychologique préalable. Or il a été démontré que la prescription d’hormones augmente significativement le bien-être des personnes trans. Florence Paré se questionne donc sur l’obligation légale et éthique possible pour les médecins de famille d’effectuer ces prescriptions, à travers une étude mobilisant trois axes: une analyse du droit québécois, un regard sur le code de déontologie des médecins, ainsi qu’une application de la philosophie morale, appliquée à l’éthique des soins. Florence Paré mettra en lumière le rôle et la responsabilité des médecins de famille vis-à-vis de leurs patients trans en tant que principaux pourvoyeurs de soins.

Maxime Faddoul
2016

Étudiant à la maîtrise en travail social et en études féministes à l’UQAM, Maxime Faddoul rédige un mémoire sur les pratiques d’intervention mises en œuvre par les travailleur.se.s sociaux et les intervenant.e.s sociaux avec les personnes trans. Il désire interroger des intervenant.e.s et analyser comment ils et elles répondent aux besoins des personnes trans. Ce projet est né de ses préoccupations en tant que militant trans, puisque de nombreuses personnes trans ont vécu des expériences négatives avec des intervenant.e.s sociaux, ces dernier.ère.s ayant des interventions problématiques (mégenrage, questions intrusives, refus de services, etc.) envers eux et elles. De plus, son projet mettra en évidence les systèmes d’oppression cisnormatifs invisibilisant les identités et parcours trans dans les réseaux institutionnels et communautaires où les intervenant.e.s sociaux travaillent. Il identifiera aussi les pratiques trans-positives mises en œuvre par les intervenant.e.s sociaux, ce qui permettra d’outiller les futurs intervenant.e.s sociaux qui auront à travailler avec les personnes trans.

Samuel Champagne
2015

La recherche de Samuel Champagne, dans le cadre de son doctorat à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), porte sur la littérature à thématique LGB destinée aux jeunes adultes. Étudiant le thème du coming out dans un corpus international (Québec, É.-U. et France), il décortique à la fois la prise de conscience de l’orientation sexuelle (coming in) et le dévoilement de celle-ci à l’entourage (coming out) par le personnage concerné. Comme le roman jeunesse a une visée éducative et réaliste, le corpus de cette recherche permettra de dégager à la fois des récurrences dans les récits de coming out et des discours sur le monde à travers les représentations des homosexualités.

Nora Butler-Burke
2014

Cette recherche vise à mieux comprendre l’intersectionnalité des Lois criminelles et des Lois de l’immigration sur la vie des travailleuses du sexe Trans migrantes. Plus spécifiquement, quels sont les mécanismes à l’intérieur desquels ces lois sont produites, organisées et appliquées et quelles en sont les conséquences sur la vie quotidienne de ces personnes, incluant l’accès à la santé, l’incarcération et la détention, la sécurité de leur travail ainsi que sur leur santé psychologique. Cette étude souhaite voir les contradictions et les processus paradoxaux du gouvernement dans sa volonté de surveiller et contrôler la migration de ces femmes quand em même temps, il maintient un haut degré de négligence et de marginalisation de ces mêmes femmes.

Jorge Flores-Aranda
2013

Trajectoires addictives et vécu homosexuel chez des hommes gais et bisexuels montréalais : Le but de l’étude est de décrire et comprendre les liens entre les trajectoires addictives et homosexuelles à partir de l’expérience d’hommes gais et bisexuels. Les données proviennent des entrevues menées auprès d’hommes gais ou bisexuels ayant une consommation problématique de drogues. Certains participants rapportent s’être initiés à la consommation avec un partenaire amoureux ou sexuel. Quelques-uns affirment que leur consommation est influencée, entre autres, par une quête intense de plaisirs associés à la sexualité. Parmi eux, certains en viennent à se sentir incapables de renoncer à une sexualité sous l’effet de drogues. Plusieurs participants indiquent que la consommation dans certains espaces de socialisation est banalisée, voire encouragée. Ces nouvelles connaissances permettront le développement d’actions visant la prévention de la consommation de drogues chez les hommes gais et bisexuels ainsi qu’une meilleure prise en charge de ceux qui présentent une consommation problématique de substances.

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