Annonce des projets subventionnés par le Programme de lutte contre l’homophobie : réaction du Conseil québécois LGBT

MONTRÉAL, Le 28 février 2019 – Le Conseil québécois LGBT (CQ-LGBT) accueille avec prudence l’annonce des projets subventionnés en 2018-2019 dans le cadre du Programme Lutte pour l’homophobie et la transphobie du Ministère de la Justice. Bien que cette enveloppe budgétaire permette aux organismes LGBTQ+ d’offrir des ressources et des services qui ne verraient pas le jour autrement, elle demeure largement insuffisante pour réduire, voire éradiquer l’homophobie et la transphobie au Québec.

Effectivement, la directrice générale du CQ-LGBT, Marie-Pier Boisvert, évoque que « les montants dédiés aux projets sont tellement petits comparé à l’effort demandé à l’organisme qu’ils les épuisent, alors que ça devrait leur servir de levier pour mieux desservir la population LGBT » . Cela signifie que pour développer le projet et le mener à terme, les organismes vont parfois devoir s’appauvrir : les montants ne couvrent pas toujours l’entièreté du service offert, de son élaboration et de sa mise en œuvre.

Ce programme de subvention est bien sûr primordial puisqu’il découle directement du Plan d’action gouvernemental de lutte à l’homophobie et à la transphobie 2017-2022 (PAGLHT), et puisqu’il a le potentiel d’apporter des changements structurants vers l’égalité des personnes LGBTQ+. Malheureusement, les moyens accordés au Programme ne sont pas à la hauteur des changements espérés et prévus par le PAGLHT. Surtout, il ne permet pas de soutenir à leur juste valeur les organismes de défense de droits des personnes LGBT et constituent les premiers prestataires de services auprès de ces derniers. « Ça précarise des organismes qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, en plus de limiter l’accès au Programme pour les organismes qui ne reçoivent aucun financement à la mission parce qu’ils roulent seulement avec des bénévoles » complète Mme Boisvert.

Les sommes prévues pour l’ensemble des actions du PAGLHT pourraient – et devraient – être revues à la hausse dans le cadre du budget 2019-2020. Il s’agit d’une occasion pour le nouveau gouvernement de réviser les moyens prévus pour la lutte à l’homophobie et à la transphobie afin d’atteindre, voire de dépasser, les cibles prévues par le PAGLHT. Ainsi, le Québec pourra continuer d’être un leader tant au niveau national qu’international en terme de politiques publiques d’inclusion et de protection des droits et des personnes LGBTQ+.

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