Le prix Iris-Média a été mis sur pied afin de reconnaître la contribution exceptionnelle d’un individu, d’une entreprise ou d’un organisme dans le monde des médias, soit de la radio, de la télévision, en passant par la presse écrite et le web.

Les récipiendaires sont sélectionnés par un jury spécialement issu du monde des médias pour l’attribution de ce prix.

 

2016 – Michel Girouard

Âgé de 72 ans, Michel Girouard fait partie du paysage artistique québécois depuis son adolescence, alors qu’il devenait rédacteur artistique au journal La Patrie. Depuis ce temps, il est partout: tantôt au petit écran, tantôt dans les journaux et magazines, souvent à la radio et même sur internet via son site michelgirouard.ca. On l’a aussi vu animer à la télévision la grande émission de variétés « Le jardin des étoiles » à la fin des années 70. À défaut d’être le créateur du selfie, Michel Girouard peut se vanter d’avoir la plus imposante collection de photos avec des stars d’ici et d’ailleurs. Il les a toutes rencontrées.

Tout au long de sa longue carrière médiatique, Michel Girouard n’a jamais occulté son homosexualité. Il est, jusqu’à preuve du contraire, la personnalité québécoise qui s’affiche ainsi depuis le plus longtemps. Pour ce Montréalais né en 1944, être homosexuel n’a jamais été un enjeu, seulement un fait. « Personnellement, je n’ai jamais été victime d’homophobie et de jugement face à mon orientation sexuelle que je n’avais pas choisie. On ne choisit pas son attirance sexuelle, pas plus que la couleur de ses yeux. »

Loin de se considérer comme militant, Michel Girouard a toutefois semé toute un raz-de-marée au Québec, et même à l’extérieur de nos frontières, lorsqu’il s’est marié à son amoureux, Réjean Tremblay… en 1972! C‘était bien avant la légalisation des unions pour conjoints de même sexe. Ça prenait de l’audace pour poser un tel geste. Et aussi beaucoup de courage pour lancer huit ans plus tard, en 1980, son autobiographie au titre sans équivoque « Je vis mon homosexualité ».

C’est ça Michel Girouard, un homme qui a tôt fait d’assumer son homosexualité et de la vivre au grand jour. Au Québec, il aura été le premier. Et qui sait l’influence qu’il aura eu sur ceux et celles qui l’ont suivi…

 

2015 – Denis-Daniel Boullé et André Constantin Passiour

Cette année, le Conseil québécois LGBT remet le prix Iris-Média à deux journalistes qui oeuvrent depuis longtemps dans la communauté LGBT. Ces deux journalistes ont donné une voix à des gens qui, souvent, n’étaient pas entendus, encore moins écoutés. Ils ont aussi donné un visage à des phénomènes comme le SIDA, la violence homophobe dans le Village à Montréal, la transphobie, pour ne nommer que ceux-là.
Alors que la presse dite « généraliste » peut être frileuse à traiter de certains dossiers délicats, notamment parmi ceux qui concernent la communauté LGBT, Denis-Daniel et André sont allés de l’avant, donnant souvent l’exemple aux grands médias qui ont par la suite emboité le pas.

Denis-Daniel Boullé

Journaliste à Fugues depuis 1997, Denis-Daniel Boullé a fait ses premières armes avec de grandes entrevues de personnalités du monde médiatique, artistique et politique. Dès son arrivée au Québec, il décide de travailler dans le milieu LGBT. Différents emplois l’amèneront à s’intéresser plus particulièrement aux statuts de réfugiés des minorités sexuelles et des personnes séropositives, ainsi qu’au vieillissement des personnes LGBT. Passionné de culture, il affectionne toutes les réflexions sociétales en lien avec les minorités sexuelles et le VIH, surtout celles qui déconstruisent les normes genrées et le binarisme féminin/masculin.

Apportant un regard critique sur ce que sont devenues les minorités sexuelles après l’obtention de l’égalité juridique, il considère que celles-ci sont assez matures pour pouvoir aussi être questionnées, voire critiquées, sur ce qu’elles sont.

André Constantin Passiour

André Constantin Passiour est journaliste depuis 20 ans aux Éditions Nitram (Fugues, Décorhomme, Fugues. com, etc.), où il occupe actuellement le poste de rédacteur en chef adjoint. Sa passion pour le journalisme remonte à l’université, alors qu’il travaillait pour les journaux étudiants Continuum et Quartier Libre, à l’Université de Montréal. Il fut ainsi le tout premier chef du pupitre « culture » au Quartier Libre, lors de sa fondation.

Ce qu’il aime le plus de ce métier, c’est de rencontrer les gens, de discuter et de s’informer. Diplômé en Sciences politiques volet relations internationales et action communautaire, spécialisé en communications, il s’est vite passionné par les arts et l’événementiel. Il a ainsi écrit pour divers journaux de quartier sur les arts visuels, expositions et spectacles, dont dans le Journal Ville Saint-Laurent, le Journal Ville Mont-Royal et le Journal du Plateau Mont-Royal. En parallèle, il a fait partie de la première équipe de fondation du festival de cinéma et de vidéos image+nation en tant que responsable des communications et des relations publiques. Il a également été aux communications du groupe Comité Sida-Aide Montréal en tant que bénévole et employé. Originaire d’Égypte, il se passionne aussi pour toutes les questions d’actualité relatives au Moyen-Orient et spécifiquement au sort réservé aux chrétiens d’Orient.

 

Michelle Blanc2014 – Michelle Blanc

Michelle Blanc est l’une des premières titulaires de la M.Sc. Commerce électronique, avec une spécialisation en gestion, au Canada. Elle a de nombreuses publications scientifiques, des recherches didactiques et de vulgarisation, en plus d’avoir été chroniqueuse à l’émission Le Lab au canal VOX. Elle anime aussi le blogue michelleblanc.com, l’un des coups de coeur de la revue de marketing française Strategies.fr et qui est classé comme l’un des plus influents blogues francophones mondiaux selon plusieurs sources et indices différents.

Elle est récipiendaire de nombreux honneurs, dont le prix Webcom en 2009, attribué par l’industrie numérique visant à soutenir l’excellence québécoise en matière de vision, de dynamisme et de compétence.

Pour le magazine Châtelaine, elle est l’une des 100 femmes qui marquent le Québec et le journal Les Affaires la considère comme étant l’une des 15 femmes qui feront bouger le Québec. Elle est auteure des livres Les médias sociaux 101, Les médias sociaux 201 et coauteure de Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires, en plus d’avoir été impliquée dans de nombreux mandats d’analyses, de stratégies et de conseil de gestion, et de marketing Internet dans un grand éventail de secteurs industriels. Elle fait d’ailleurs partie du groupe des 50 experts canadiens consultés par Industrie Canada afin de déterminer les objectifs et politiques du gouvernement du Canada en matière d’économie numérique pour le marché intérieur ou pour la position canadienne aux forums internationaux comme l’OCDE.

À titre de conférencière, madame Blanc a débuté son parcours au Council on e-business innovation du Conference Board of Canada et elle a par la suite fait de nombreuses conférences ici et à l’extérieur du Québec. Madame Blanc est aussi cofondatrice et présidente de Yulbiz.org, mouvement international regroupant les gens d’affaires intéressés par les blogues et les blogueurs intéressés par les affaires. Après huit ans d’existence, Yullbiz.org est maintenant dans dix villes de cinq pays.

Parallèlement à sa carrière, Michelle Blanc milite pour la reconnaissance des personnes transsexuelles. Elle est une figure de proue des communautés LGBT et elle n’hésite pas à s’impliquer afin de sensibiliser la population sur les réalités Trans. À l’automne 2012, l’écrivain et éditeur Jacques Lanctôt a publié sa biographie intitulée Un genre à part.

 

2013 – Chloé Robichaud

Chloé Robichaud a écrit et réalisé huit courts-métrages et plusieurs films publicitaires, en plus de deux vidéoclips pour le groupe Les Incendiaires.

Avec son style et son talent, elle a été remarquée dès ses premières œuvres. Ainsi, Au revoir Timothy est sélectionné au Festival des films du monde à Montréal en 2009. L’année suivante, le film obtient le 2e prix du jury au festival Project Y, il est récompensé du prix du meilleur film à Festiv’elles (le Festival International des Femmes à Montréal) et est présenté en compétition aux Rendez-vous du cinéma québécois à Montréal.

Sarah préfère la course, le premier long métrage de Chloé Robichaud, a fait la sélection officielle du Festival de Cannes. Ce film s’est rapidement imposé comme film culte pour la communauté lesbienne.
C’est la deuxième année de suite que la jeune cinéaste et scénariste se retrouve en nomination à Cannes. L’an dernier, son film Chef de meute était en nomination pour la Palme d’or du court métrage. Il a aussi été sélectionné pour les prix Jutra et aux Canadian Screen Awards.

Chloé Robichaud est aussi membre fondatrice de LEZ SPREAD THE WORD, un site web rassembleur qui permet de lire, écouter, visionner, partager et communiquer une multitude de renseignements sur divers sujets entourant l’univers lesbien. De plus, elle travaille actuellement sur le projet FÉMININ/FÉMININ, une websérie qu’elle réalisera et qui sera présenté sur le site de LEZ SPREAD THE WORD.

Militante engagée, Chloé est un exemple de réussite dans le monde des médias. De par son travail et son rayonnement, elle est un exemple pour les jeunes et plus particulièrement pour les jeunes lesbiennes qui ont besoin de modèles positifs et dont la réussite transcende les frontières.

 

2012 – Stéphane Bourguignon

Stéphane Bourguignon débute sa carrière comme concepteur, scripteur et script éditeur avec des humoristes, dont Patrick Huard, Marie-Lise Pilote, François Morency et Pierre Légaré. Puis, comme si ce n’était pas assez, il enseigne aussi à l’École nationale de l’humour de 1991 à 1993. Et il écrit. Son premier roman, L’Avaleur de sable, publié en 1993, est immédiatement consacré bestseller. Il écrit ensuite Le Principe du Geyser, Un peu de fatigue et Sonde ton coeur, Laurie Rivers. En 2001, il surprend le Québec avec ses personnages de La vie, la vie. Cette série culte de 39 épisodes joue entre le téléroman et la téléréalité. Elle raconte l’histoire de cinq amis à la recherche du bonheur, de l’amour et du succès. Les fidèles de la série (et ils sont nombreux !) se souviennent de Jacques, personnage interprété par Vincent Graton, un homme gai qui vit une relation amoureuse semblable à toutes les autres. Puis, il y a eu Tout sur moi, autre série culte entre le téléroman et la téléréalité. Encore une fois, Stéphane Bourguignon traite de l’homosexualité avec Éric Bernier dans son propre rôle, un gai sympathique et non-stéréotypé. Les personnages gais de Stéphane Bourguignon sont attachants et comiques. Ils ont leurs qualités et leurs défauts, comme tout le monde. Ils vivent leurs insécurités, leurs contrariétés (souvent amusantes dans le cas d’Éric), simplement parce qu’ils font des choix… avant tout humains ! La douce normalité des personnages LGBT décrits par Stéphane Bourguignon, démontre une acceptation de plus en plus grande de la société à l’égard de notre communauté.

C’est pour son l’ensemble de son oeuvre, mais surtout pour sa contribution à démocratiser les réalités gais auprès de la communauté « hétérosexuelle », que le Conseil québécois des gais et lesbiennes, souhaite remercier M. Bourguignon en lui décernant le Prix Iris-Média.

 

2011 – Denis Lévesque

Journaliste et animateur à LCN, Le Canal Nouvelle du réseau TVA, Denis Lévesque est un passionné de l’information. Natif de Roberval, ce «Larry King» du Québec pose chaque jour les «bonnes questions» et aime aller au fond des choses, avec un style direct mais jamais déplacé. Tout au long de sa carrière, Denis Lévesque n’a jamais eu peur d’aborder des sujets controversés. Par son style unique, sa fougue, sa curiosité, son courage et son gros bon sens, il a traité des questions chères à la communauté GLBT, mais toujours avec considération et une grande humanité. Que ce soit l’homophobie, le harcèlement des jeunes GLBT à l’école, la transphobie, le SIDA, l’homoparentalité, les droits GLBT, la violence contre les membres de la communauté, Denis Lévesque a toujours su « donner l’heure juste » pour reprendre une de ses expressions. Et il a posé des questions aux politiciens au sujet des droits GLBT.

 

2010 – Denis-Martin Chabot

Dès le début de sa carrière, monsieur Chabot a produit des reportages touchant la communauté LGBT, comme les gays demandeurs d’asile au Canada, l’homophobie dans les écoles, la recherche sur le VIH-sida. Son travail  a ainsi offert un grand rayonnement de la communauté gaie, lesbienne, bisexuelle, transsexuelle et transgenre et ce, depuis plus de 25 ans déjà.

De plus, Denis-Martin Chabot s’avère être aussi un écrivain de talent qui a publié plusieurs romans abordant les conditions de vie des membres de notre communauté. Il a déjà reçu plusieurs prix littéraires en Europe et en Amérique du Nord.