Qui, dans nos communautés, ne connaît pas Mona Greenbaum ? La directrice de la Coalition des familles homoparentales s’est fait connaitre à la fin des années quatre-vingt-dix lors des différentes luttes pour la reconnaissance des conjoints et des conjointes de même sexe et de leurs enfants. À cette époque, elle crée, avec sa conjointe Nicole, l’Association des mères lesbiennes (AML) la même année que la naissance de leur premier fils. Sous leur égide, l’AML connaît un succès retentissant. De nombreuses femmes lesbiennes veulent fonder une famille dans un cadre ne reconnaissant pas leur conjugalité.

Devant l’ampleur de la tâche, Mona Greenbaum abandonne son travail et devient bénévole à temps plein pour l’AML. Dès lors, tout en restant une ressource pour les mères lesbiennes à travers l’association, elle sera de toutes les batailles juridiques pour la reconnaissance des conjoints et des conjointes de même sexe, pour l’union civile incluant l’homoparentalité. De sa participation aux audiences parlementaires pour faire valoir son point de vue et le point de vue de nombreuses familles homoparentales, Mona Greenbaum voit enfin ses efforts récompensés, pour elle, pour sa conjointe, pour toutes les familles homoparentales du Québec. Sa conjointe Nicole peut enfin adopter leurs deux fils, Léo et Simon. Cependant, si la bataille est gagnée sur le plan légal, il reste un travail de longue haleine à mener : la reconnaissance sociale des familles homoparentales, et c’est à quoi Mona décide de s’atteler.

Avec d’autres couples de parents gais, elle cofonde la Coalition des familles homoparentales (CFH) dont elle est encore aujourd’hui la directrice. L’organisme prend alors un envol important et devient un pivot incontournable pour tout ce qui touche aux questions de l’homoparentalité. Cours pour couples de même sexe qui veulent un enfant, soutien juridique pour rappeler l’égalité, formation des professionnel-le-s qui travaillent de près ou de loin avec les enfants pour les sensibiliser à l’homophobie, soutien aux familles lesbiennes ou gaies demandant le statut de réfugié, services post-adoption, la liste est longue des activités et des ateliers offerts par la CFH. L’éducation et les services sociaux et de santé sont bien évidemment concernés et la CFH dispense des formations sur les réalités des familles homoparentales et fait valoir les besoins particuliers de ces dernières.

Infatigable, Mona Greenbaum est de toutes les conférences, de tous les ateliers, de toutes les rencontres où il est question de l’homoparentalité, en plus de collaborer avec le milieu universitaire comme la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQÀM.

Pour ceux et celles qui ont eu le plaisir de la croiser ou de travailler avec elle, ils retiendront cette force tranquille qui émane de Mona Greenbaum, ses propos mesurés, sa gentillesse qui n’entament pas sa détermination, son courage ni son travail. Mona Greenbaum ne peut que susciter notre admiration.