Le prix Hommage est remis à une personne ou à un organisme, sous la prérogative des membres du jury, pour sa contribution exceptionnelle aux communautés LGBT du Québec.

 

 

2012 – Danielle Julien

Danielle Julien est une chercheure de renommée internationale reconnue pour son travail sur les réalités vécues par les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transsexuelles. Son impact indéniable sur la constitution des études LGBT aura permis de nombreuses recherches dont celles sur l’homoparentalité, sur les jeunes gais et lesbiennes ainsi que sur d’autres thématiques relatives à l’homosexualité. Danielle Julien est estimée de toutes et tous, car elle a su tisser des liens privilégiés avec les organismes LGBT en plus de faire profiter de son expertise plusieurs gouvernements et organismes nationaux et internationaux, notamment comme conseillère sur des questions touchant les personnes et familles LGBT. Danielle a aussi participé à l’organisation de la 1ère Conférence internationale sur les droits humains des LGBT dans le cadre des 1ers Outgames Montréal 2006.

La contribution de Danielle Julien aux avancées des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transsexuelles réside principalement dans ses nombreux et précurseurs projets de recherche sur la réalité des personnes LGBT. Danielle a permis à ces communautés de pouvoir porter un regard sur elles-mêmes, tout en ayant la possibilité de présenter leurs réalités aux populations non-LGBT afin de briser les préjugés qu’elles ont à leur égard. Ainsi, les multiples projets de recherche de Danielle ont fourni le socle d’une meilleure compréhension des réalités LGBT et ont mené à l’adoption de lois garantissant des droits fondamentaux pour les personnes des communautés LGBT (droits des familles homoparentales, droit à l’union civile, etc.). Il va sans dire que vingt-cinq ans de carrière en recherche et en enseignement dans un champ d’études aussi récent est en soi exceptionnel. L’héritage de Danielle est multiple; il concerne autant le champ disciplinaire des études LGBT qu’elle a contribué à développer, que les nombreux articles qu’elle a publiés et qui sont consultés chaque jour, que l’équipe pancanadienne de chercheur(e)s qu’elle a mis en réseau depuis 2006 au sein du groupe de recherche Sexualités et genres : vulnérabilité, résilience, que la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM qui a récemment vu le jour grâce à une subvention du Ministère de la Justice (2011). Les nombreuses distinctions reçues par Danielle Julien témoigne de la qualité de sa contribution envers les communautés LGBT, mais aussi pour l’ensemble de la société québécoise. Nous pouvons donc réellement parler de la longévité, de la qualité et de la pérennité de sa contribution envers les communautés LGBT.

 

2011 – Ross Higgins

Arrivée à Montréal en 1975, Ross Higgins s’intéresse de près à l’histoire des gais et des lesbiennes de Montréal. Sa thèse de doctorat en anthropologie porte sur le sens de l’appartenance à la communauté qui s’exprime en partie par l’utilisation de certains lieux par les gais à Montréal. Témoin et acteur, Ross Higgins a travaillé au sein du collectif de la librairie l’Androgyne de 1976 à 1979.

Conscient de notre histoire, de ses enjeux, en lien avec presque toutes les militantes et tous les militants de l’époque, riche d’une documentation inédite, en 1983, Ross Higgins met sur pied les Archives gaies du Québec (AGQ) avec Jacques Prince. Aux yeux de Ross et de Jacques, seul un organisme communautaire pouvait vraiment assumer une telle tâche sachant que la plupart de ces documents ou objets ne se retrouveraient ni aux Archives nationales du Québec, ni à la Bibliothèque Nationale du Québec ou à celle du Canada. Ross Higgins n’est pas seulement un pionnier acharné et farouche qui a ouvert toute grande la voie aux études gaies et lesbiennes d’ici, il est aussi un modèle pour l’ensemble de nos communautés.

 

2010 – Michèle Causse

D’origine française, Michèle Causse est de celles qui ont marqué en profondeur la société, en contribuant, entre autre, à l’avancement de la pensée et de la philosophie lesbienne. Ainsi, elle aura su inspirer et mobiliser les lesbiennes à travers le monde au cours des 40 dernières années.

Lesbienne radicale, militante convaincue, écrivaine de talent, théoricienne et traductrice, Michèle Causse a su, grâce à ses œuvres, qui encourager les lesbiennes à vivre pleinement leur orientation sexuelle. À travers ses écrits, reconnus mondialement, elle aura avancé une vision forte de la diversité des vies des lesbiennes et elle aura aussi développé un langage particulier qui amorce un dialogue dans un univers nouveau où les lesbiennes peuvent semer leurs racines. D’ailleurs, elle a reçu de nombreuses distinctions et honneurs, incluant le Prix Littéraire du Gouverneur Général du Canada en traduction.

 

2009 – Paul Haince

Paul Haince fait partie du nombre restreint des  grands bâtisseurs du Village gai de Montréal. On lui doit  la fondation du magazine gai Attitude, en 1978, et l’ouverture du Club Max. Propriétaire, gérant, gestionnaire accompli et fondateur d’organismes, c’est aussi un visionnaire. Sentant l’importance de la force du nombre, il cofonde en 1999 un autre pilier de la communauté gaie montréalaise – l’Association des commerçants et professionnels du Village (ACPV), précurseur de la Société de développement commercial (SDC) du Village qui sera fondée en 2005.

Dans cet esprit novateur, il fonde en 2000, et ce, avec un petit budget initial, le Festival des arts du Village (connu aujourd’hui comme le Festival international Montréal en arts, FIMA) qui célèbre cette année ses dix ans. Dès le départ, ce Festival nouveau genre contribue à donner un autre visage au Village, à mieux le faire connaître en attirant désormais pas moins  de 300 000 visiteurs d’ici et du monde. Finalement, en 2009, il souhaite cette fois mettre sur pied un comité élargi de personnes, un « comité des sages » formé de plusieurs gens  représentant les différentes sphères de la société afin de réfléchir sur des idées et des projets novateurs pour le développement du Village.

 

2008 – Magella Dionne

Père de famille attentif, homme de courage, motocycliste passionné, et dentiste respecté, le Dr Magella Dionne est vice-président de l’Association Gai Côte-Sud, un organisme sans but lucratif dont le territoire d’intervention s’étend de Montmagny, à Rivière-du-Loup, jusqu’au Témiscouata (KRTB). Depuis son coming-out, Magella Dionne n’a de cesse de mettre son intelligence, sa générosité et san formidable sensibilité au service de la lutte à l’homophobie et à l’hétérosexisme.

Il a ouvert un bar qui visait à la fois la socialisation et à briser l’isolement des personnes LGBT. Il a, en outre, contribué à la création d’un réseau local de contacts. Cette année encore, Magella Dionne a également mis l’épaule à la roue pour faire de sa région, une zone « gay friendly ». Une campagne menée par le président de Gai Côte-Sud et appuyée par un important réseau de gens d’affaires, un succès.