MONTRÉAL, LE 12 DÉCEMBRE 2017 – Le Conseil québécois LGBT (CQ-LGBT) salue le Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023, lancé dimanche par le Ministère du Travail, de l’emploi et de la solidarité sociale (MTESS). Le CQ-LGBT prend acte, notamment, que l’une des mesures du Plan vise à rehausser le financement des organismes en défense des droits – un des secteurs les plus sous-financés du monde communautaire, n’ayant connu aucune indexation ou rehaussement depuis plus d’une douzaine d’années.

D’autre part, la directrice générale du CQ-LGBT, Marie-Pier Boisvert, émet des réserves importantes. « Aucune mesure ne s’adresse spécifiquement aux réalités des personnes LGBTQ+. Pourtant, il y a plusieurs occasions où des actions ciblées auraient pu être élaborées » lance-t-elle. Le CQ-LGBT a d’ailleurs remis un mémoire dans le cadre des consultations pour la mise en place du Plan, suggérant maintes avenues concrètes. Par exemple, l’une des mesures du Plan vise à « favoriser une justice plus humaine ». « Dans cette mesure, c’aurait été facile d’écrire noir sur blanc qu’on va assurer la formation des corps policiers et des agents correctionnels sur les réalités LGBTQ+ » ajoute-t-elle.

Bien que le MTESS soit visiblement conscient de l’importance d’avoir des conditions favorables pour pouvoir intégrer le marché du travail, le cas des personnes trans est éloquent. « Ces personnes vivent souvent des situations très précaires, tant en terme de travail que de logement, et ce parce qu’aucune mesure concertée n’encourage les milieux de travail et de vie à assurer leur inclusion » ajoute Mme Boisvert. Or, renforcer le sentiment de sécurité pour les personnes LGBTQ+ en général par le biais d’un vocabulaire inclusif dans les offres d’emploi, ou encore par la mise en place de programme de gestion de la diversité sexuelle et de genre amélioreraient grandement leur accès au travail.

Enfin, les stratégies visant à renforcer l’inclusion sociale gagneraient à être davantage transsectorielles pour avoir un impact réel. « On pourrait contrecarrer les discriminations homophobes et transphobes avant même qu’elles n’apparaissent si on avait une éducation inclusive des identités des genre et des orientations sexuelles – ça, ça permettrait de réellement favoriser l’égalité des chances » conclut Mme Boisvert, en référence à la 14e mesure du Plan, qui vise à assurer l’égalité des chances dès l’enfance.

Il y a donc des possibilités d’action pour l’instant manquées, mais qui pourraient être facilement mises en place puisqu’elles s’insèrent tout à fait dans les objectifs du Plan; il suffirait de les expliciter. Le Conseil québécois LGBT suivra donc attentivement l’évolution de l’implémentation des mesures du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023.

http://www.conseil-lgbt.ca/
https://www.facebook.com/CQLGBT/