Le Conseil québécois LGBT (CQ-LGBT) était présent ce matin lors du dévoilement des résultats d’un sondage CROP portant sur les communautés LGBT au Canada et commandé par la Fondation Jasmin. Saluant l’initiative de la Fondation, qui a alloué d’importantes ressources pour mieux comprendre certaines réalités vécues par les personnes LGBT, le CQ-LGBT reste néanmoins préoccupé par ce qui ressort de ce sondage. Par exemple, les situations de détresse vécues par les personnes trans et non-binaires sont significativement plus élevées que celles vécues par les personnes cisgenres. De plus, les perceptions sur la fluidité de genre chez les hétérosexuels cisgenres sont mitigées, alors même que les jeunes LGBTQ+ expriment à travers ce sondage un besoin flagrant de sortir de la binarité des genres.

Le sondage met en lumière quelques constats intéressants, tels que le manque de soutien et le manque de ressources plus spécialisées pour les personnes LGBT. « La diversité des réalités et des personnes LGBT fait en sorte qu’on va devoir mener encore plus d’études pour creuser les questions » souligne Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT. En effet, des études avec un plus grand échantillonnage, sur une plus grande échelle et surtout sur plusieurs années, comme le projet SAVIE-LGBTQ à l’UQAM, seront à suivre. Ce projet de recherche, lancé l’an dernier et s’échelonnant sur 7 ans, permettra d’améliorer grandement la compréhension des vécus des personnes LGBT – tant sur leur inclusion que leur exclusion en société – et sera crucial pour orienter des politiques adaptées aux besoins complexes des populations LGBT.

Le CQ-LGBT accueille la présence, dans le sondage CROP, de chiffres jusque-là inconnus sur des réalités sous-documentées, comme l’asexualité. Par exemple, on constate qu’il est plus difficile pour les personnes asexuelles de faire leur coming-out, et qu’elles vivent des sentiments dépressifs beaucoup plus fréquemment. Le sondage soulève aussi certaines discriminations croisées, qu’il sera important d’étudier plus attentivement dans des recherches extensives. « Ce sondage ne fait que gratter la surface, on veut en savoir plus! », réitère Mme Boisvert, démontrant qu’il est nécessaire de collecter davantage de données sur les populations LGBTQ afin de comprendre la diversité de leurs vécus et mieux répondre à leurs besoins.