Montréal, le 24 août 2017 – Alors que se tenaient hier les dernières consultations publiques sur le projet Bourbon avant son approbation finale par le Conseil d’arrondissement, les organisations LGBTQ+ ont envoyé un message clair : le second étage qui devait être dédié aux groupes LGBTQ+ leur est inaccessible financièrement, et le promoteur doit cesser de les instrumentaliser à des fins d’acceptabilité sociale.

« Il faut faire quelque chose avec cet espace, personne ne s’obstine là-dessus », précise Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT. « Mais le promoteur fait valoir qu’il réserve un étage pour les organismes LGBTQ+ alors qu’aucun organisme n’a les moyens de se le payer. »

Le Centre communautaire LGBTQ+ de Montréal ainsi que la Coalition montréalaise des groupes jeunesse LGBT (CMGJ-LGBT) étaient également à la consultation. « Nous n’avons aucun levier de négociation pour faire respecter les recommandations de l’OCPM : un loyer à prix modique, en fonction de notre capacité de payer, et à très long terme, donc minimum 20 ans. On se demande à quoi servent ces recommandations si la Ville de Montréal en fait abstraction complètement en fin de parcours. »  note Christian Tanguay, directeur général du Centre. La directrice générale de la CMGJ-LGBT, Annie Savage, abonde dans le même sens : « le Sommet jeunesse 375 a aussi fait valoir l’importance d’avoir des infrastructures abordables pour les groupes LGBTQ+… La Ville doit suivre les recommandations de ses instances! » lance-t-elle.

La dérogation demandée par le promoteur lui permettra de construire 9 étages (31.7 mètres au lieu des 14 mètres actuellement en vigueur). Plusieurs membres du CQ-LGBT ont été consultés par le promoteur, mais aucun n’a accepté son offre. « Les groupes s’entendent pour dire qu’ils ont besoin d’être au centre du Village – mais on ne peut pas sacrifier la moitié de notre budget sur du loyer! » ajoute Marie-Pier Boisvert.

Le Conseil québécois LGBT amorcera sous peu une recherche exhaustive sur les besoins locatifs des organismes LGBTQ+ à Montréal. « On veut avoir des données exactes pour prouver ce qu’on sait déjà : les besoins en infrastructure des organismes LGBTQ+ sont criants. Se regrouper sous un même toit, avec le soutien de la Ville de Montréal d’abord, nous permettrait de sauver énormément en temps et en argent, en plus de mieux servir la population », conclut Mme Boisvert.