MONTRÉAL, LE 20 JUIN 2017 – Le Conseil québécois LGBT accueille positivement le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2017-2022 (PAM), lancé lors de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. Ce deuxième PAM vise notamment à adresser les situations de maltraitance touchant les personnes aînées de différents groupes minoritaires, telles que les communautés ethnoculturelles, les communautés autochtones et les communautés LGBT.

Ainsi, le plan témoigne de l’ouverture du Secrétariat aux aînés d’inclure les réalités spécifiques de divers groupes. « On l’avait déjà vu dans le Plan d’action de lutte contre l’homophobie et la transphobie, que le Secrétariat souhaite s’impliquer auprès des aîné.e.s LGBT, mais le PAM confirme ça » note Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT. Toutefois, dans leur volonté d’avoir une approche intersectionnelle, soit de prendre en compte les réalités diverses et croisées/cumulées faisant partie de l’expérience des personnes âgées, ces différents groupes sont mis ensemble et amalgamés. « Ils ne bénéficient donc pas ou peu de mesures propres à leur situation spécifique» ajoute Madame Boisvert.

L’attention portée à ces réalités montre tout de même un changement de cap du gouvernement, notamment par la volonté d’assurer plus de formation et de sensibilisation, tant auprès du personnel travaillant avec les personnes aînées que dans leurs milieux. Il y a toutefois des occasions manquées d’adresser des mesures spécifiques concernant les personnes aînées LGBT. En effet, celles-ci peuvent vivre des formes de maltraitance particulière pouvant être liée à leur orientation sexuelle et identité de genre, dévoilée(s) ou non, dépendamment des personnes et des milieux.

Dans ce même ordre d’idées, le PAM vise à contrer la maltraitance par la promotion de la bientraitance, créant ainsi deux pôles – le bien et le mal! – où peuvent être oubliées des situations ne pouvant être rattachées à l’un ou l’autre. Par exemple, les personnes LGBT peuvent souvent être victimes de microagressions, ou alors leurs familles choisies ne sont pas reconnues par leurs milieux. Ces formes particulières de maltraitance seront-t-elles comprises, traitées et documentées comme il se doit?

Bref, beaucoup de travail reste à faire afin de s’assurer que le PAM réponde adéquatement aux besoins des personnes aînées LGBT – qui, d’ailleurs, font parfois partie des communautés ethnoculturelles ou autochtones – afin de contrer les situations de maltraitance pouvant être vécues. Le Conseil québécois LGBT suivra l’évolution de la mise en place des mesures et des actions dans le cadre de ce plan.