Montréal le 4 février 2016 – Faisant suite aux commentaires de Laurent-Paul Ménard, directeur des relations publiques à Héma-Québec, qui se défend d’avoir des critères d’exclusion discriminatoires envers les hommes homosexuels et bisexuels, le Conseil québécois LGBT joint sa voix à celle de Jérémy Dubé pour dénoncer l’incohérence d’Héma-Québec.

Actuellement, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) doivent avoir été abstinents depuis 5 ans pour pouvoir donner du sang ou des cellules souches, et ce même s’ils sont dans une relation monogame ou qu’ils pratiquent le sécurisexe. « Héma-Québec doit se rendre compte que leurs critères sont basés sur des peurs d’il y a 30 ans, et que les exclusions devraient être basées sur le comportement sexuel, pas sur le sexe du partenaire. », indique Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT.

La restriction sur les cellules souches a été mise en lumière plus tôt cette semaine par Jérémy Dubé, étudiant au cégep de Rimouski, qui s’est vu refuser la possibilité de faire un don malgré l’absence de contre-indications sur le site web d’Héma-Québec. « Je n’ai pas eu de détails ou d’explications, on m’a seulement dit que je ne pouvais pas parce que je suis homosexuel. », explique M. Dubé.

« C’est déjà difficile d’avoir des dons de sang, et Héma-Québec choisit de se priver d’une population en parfaite santé, alors pour ce qui est des cellules souches, là ça dépasse un peu les bornes. », ajoute Mme Boisvert.

Laurent-Paul Ménard, directeur des relations publiques à Héma-Québec, a réagi hier soir en disant que « ce n’est pas une question de stéréotype, c’est une question de fait », mais Mme Boisvert n’y croit pas : « Les ITSS se propagent chez les personnes qui ont un comportement sexuel à risques, ce qui touche toute la population, incluant les femmes que les hommes hétérosexuels. Je comprends qu’Héma-Québec veut réduire les risques au minimum, et que oui, la plupart des règles sont là pour de bonnes raisons, mais celles-ci ne font que perpétuer l’homophobie d’une autre époque. »

Récemment, Héma-Québec a annoncé qu’il proposerait que ces restrictions soient d’un an plutôt que de cinq, suivant l’exemple de plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis. « C’est un pas en avant, mais c’est encore discriminatoire. Il y a plusieurs  pays qui ont complètement enlevé ces restrictions, comme l’Italie ou la Russie, et qui n’ont même pas encore légalisé le mariage entre couples de même sexe! C’est assez ironique, non? », conclut Marie-Pier Boisvert.

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