MONTRÉAL – Le jeudi 16 décembre 2010 – Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) dénonce le manque total de considération du présent gouvernement conservateur envers les personnes transsexuelles et transgenres du Canada. Non seulement ce gouvernement vient de retirer aux personnes trans incarcérées leurs droits les plus fondamentaux en matière de santé liés à leur condition, mais il s’oppose également à l’ajout de la notion d’identité de genre comme motif de discrimination à la Loi canadienne sur les droits de la personne.

C’est le 8 décembre dernier qu’a eu lieu, au Parlement fédéral, un vote important pour les communautés transsexuelles et transgenres : permettre au projet de loi C-389, prévoyant l’ajout des notions d’identité de genre et d’expression sexuelle à la Loi canadienne sur les droits de la personne, de passer en troisième lecture, ainsi qu’au débat et au vote final, prévu en mars. Si tous les députés du NPD, du Bloc québécois et la grande majorité des libéraux ont voté en sa faveur, les Conservateurs ont presque tous voté contre.

« En refusant de voter en faveur de ce projet de loi, ce que le gouvernement conservateur est en train de faire, c’est de démontrer que les personnes transsexuelles ne sont pas des citoyennes et citoyens à part entière. Qu’ils ne méritent pas d’avoir enfin la même couverture juridique contre la discrimination qu’ont les autres minorités au pays », dénonce le président-directeur général du CQGL, M. Steve Foster.

De plus, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a décrété en catimini cet automne que les personnes transsexuelles non-opérées, incarcérées au fédéral, ne pourraient plus obtenir de chirurgies de réassignation sexuelle, déclarant que le gouvernement « n’a pas à payer pour des soins de santé non essentiels ».

Pourtant, les études sur la transsexualité démontrent qu’au contraire, pour un grand nombre de personnes transsexuelles, ces chirurgies sont une partie essentielle de leur cheminement, une nécessité médicale à leur bien-être physique et mental, donc une question de survie. En agissant ainsi, le ministre donne une fausse image du rôle des chirurgies de réassignations sexuelles, laissant sous entendre qu’il ne s’agit que de caprices esthétiques. Une position d’autant plus aberrante lorsque l’on sait que le système carcéral ne reconnait le sexe d’une personne que par ses organes génitaux, faisant en sorte que des femmes transsexuelles non-opérées se retrouvent dans des prisons d’hommes et des hommes transsexuels non-opérés, dans des prisons de femmes, avec tous les problèmes et conséquences que cela entraine.

La question se pose donc : est-ce que cette décision des conservateurs signifie qu’ils voudraient aller plus loin par rapport aux soins de santé offerts aux détenus? Quelles personnes seront les prochaines à se voir refuser des soins parce que le ministre les juge « non essentiels »?

Pour le PDG du CQGL, ces gestes sont très inquiétants. « Ces décisions démontrent une fois de plus que pour les conservateurs, les citoyennes et les citoyens ne sont pas tous égaux en terme de droits humains, souligne-t-il. Nous avons pu le constater par le passé sur la scène internationale, notamment dans le dossier Omar Khader, et maintenant, nous le constatons également sur le territoire canadien. Nous sommes très inquiets pour les droits des canadiennes et canadiens tant que ce gouvernement sera au pouvoir. »

– 30 –